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Construction de la sensibilité socio-spatiale

L’exemple de la Sarthe


Thèse de Antoine PANCHER (ESO Le Mans) soutenue en 2014
Direction :
  • Jeannine CORBONNOIS, Université du Mans



 

Les problèmes d’environnement et leur gestion suscitent un ensemble de faits sociaux  qui interrogent les relations sociétés/environnement. Le risque d’inondation et plus généralement la gestion de l’eau sont de bons exemples pour analyser ce phénomène. Les tensions générées par les évènements socio-naturels définis par le risque conduisent à identifier des territoires dits « sensibles ». Comment émerge cette sensibilité? Comment peut-elle s’identifier et comment s’exprime-t-elle?

Cette thèse interroge la notion de sensibilité du point de vue sociologique pour en retenir une définition socio-spatiale. La démarche mise en place a nécessité le recours à la géographie pour mieux considérer la dimension environnementale de l’objet d’étude. La pertinence de la proposition est testée sur le bassin de la Sarthe amont à travers l’analyse de situations générées par le risque d’inondation et le déploiement de sa gestion. Les réactions autour de deux projets d’aménagement de retenue sèche, pour la régulation dynamique des crues, sont plus particulièrement étudiées. En nous appuyant sur le cadre d’analyse des régimes d’engagement et particulièrement celui de la justification, nous montrons comment les réactions d’acteurs riverains des cours d’eau se concentrent autour de revendications d’enjeux qui varient selon les secteurs de vallées : demande de protection face au risque dans les secteurs vulnérables ; protection des paysages et maintien des dynamiques locales dans les secteurs amonts. L’analyse des entretiens menés met en évidence que les enjeux se hiérarchisent différemment selon les secteurs. Les revendications antagonistes des acteurs sont sources de tensions et parfois de conflits, qui sont résolues ou non au cours du temps. Cela conduit à la mise en relation de la dimension spatiale et de la dimension temporelle qui permet d’identifier des trajectoires de la sensibilité socio-spatiale. Au final, ce travail montre les difficultés de la mise en partage des territoires de l’eau pour le cas de la gestion du risque d’inondation.