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Les relations Nord-Sud pour atténuer le changement climatique :


du développement propre à la déforestation évitée.



Moïse TSAYEM DEMAZE - 2015

Le « développement propre » et la « déforestation évitée » sont des concepts et des mécanismes politiques qui relèvent de la lutte contre le changement climatique. En quoi engendrent-ils des relations Nord-Sud ? Cet ouvrage répond à cette interrogation en utilisant une approche géopolitique. De nombreuses cartes illustrent la coopération entre des pays développés et des pays en développement. Pour les pays développés, la coopération pour un « développement propre » est synonyme de délocalisation de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (EGES) et d’acquisition de crédits carbone pour des projets réalisés dans les pays en développement. Ces derniers sont alors censés recevoir des technologies peu polluantes, et bénéficier de retombées pour leur développement durable, ce qui n’est fpas vérifié.

S’agissant de la « déforestation évitée », les cartes réalisées montrent le déploiement de la coopération multilatérale et bilatérale consistant, pour des pays développés, à mobiliser des fonds destinés à aider des pays en développement à se « préparer » pour réduire leurs taux de déforestation. Le programme REDD des Nations unies apparaît redondant mais quelque peu complémentaire de ceux gérés par la Banque mondiale. La Norvège déploie une coopération qui cible le Brésil, sans doute du fait de l’importance que la forêt amazonienne représente en termes de potentiel de réduction des EGES, et donc d’atténuation du changement climatique. La coopération française, tous azimuts, ne délaisse pas le « pré-carré » de la France, notamment des pays d’Afrique centrale. Les entretiens semi-dirigés révèlent le rôle catalyseur de l’État et des organisations non gouvernementales au Brésil, contrairement à Madagascar, enrôlé par des organismes de coopération multilatérale et d’aide au développement, ainsi que par des organisations non gouvernementales internationales.

Les recherches présentées dans cet ouvrage soulignent les difficultés de la mise en œuvre des concepts et des politiques internationales de réduction des EGES. Elles mettent en évidence le hiatus et les déperditions entre le niveau international, le niveau national et le niveau local. Elles illustrent la fragmentation de la gouvernance de l’atténuation du changement climatique.


Moïse TSAYEM DEMAZE Maître de conférences en géographie à l’université du Maine au Mans. Habilité à diriger des recherches, il est chercheur au sein de l’unité mixte de recherche Espaces et Sociétés (UMR ESO 6590 CNRS). Ses recherches portent actuellement sur les politiques de gestion des forêts tropicales. Elles mobilisent des approches de type écologie politique ou géopolitique pour étudier les nouveaux concepts et le déploiement des politiques qui émergent pour insérer les pays en développement dans la globalisation écologique et dans les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L'Harmattan (39.50€)
ISBN : 978-2-343-061306
410 p.